LES GOUVERNEMENTS SONT DE PLUS EN PLUS SUR LA CORDE RAIDE EN MATIÈRE DE DÉFIS ÉCONOMIQUES ET DOIVENT EN MÊME TEMPS FAIRE APPEL AUX ÉLECTEURS.
Après la récente campagne électorale en Ontario à la suite de laquelle les libéraux ont étonnamment obtenu une majorité plus forte, et ce, même s’ils étaient au pouvoir depuis longtemps, certains commentateurs ont donné leur interprétation de la campagne : le sentiment anti-impôt est de plus en plus présent auprès de l’électorat. De façon plus précise, comme la campagne du NPD provincial a traité des hausses d’impôts pour les entreprises et les personnes à revenu élevé, certains proclamaient que l’augmentation des impôts de toute nature était un suicide politique.
Cependant, c’est exactement le contraire. Le débat sur l’augmentation de l’impôt des particuliers ou des sociétés permet de dire que ce sont des politiques appropriées pour l’Ontario ou toute autre juridiction. Mais le fait que les partis utilisant des plateformes pour « faire payer les riches » et augmenter leurs impôts et ceux des sociétés perpétue les préjugés anti-taxes chez les électeurs, cela laisse sous-entendre que les services publics de classe mondiale doivent être payés par quelqu’un d’autre. Dans ce cas, les entreprises et les particuliers fortunés, dont les Canadiens pour la plupart, ont dit se sentir déconnectés.
JOUER DES CARTES DIFFÉRENTES
Bien que la recherche indique que la plus grande partie de la charge d’impôt sur le revenu des sociétés incombe aux travailleurs et aux consommateurs, et que les hausses d’impôts aux personnes à haut revenu n’entraînent que peu de revenus, les dirigeants politiques à la recherche d’argent pour payer leurs programmes n’ont d’autre choix que de tenter de convaincre les électeurs qu’ils peuvent obtenir les services qu’ils exigent alors que quelqu’un d’autre paie la facture.
Les hausses d’impôt sont en général politiquement toxiques, et ce, sans doute plus que jamais.
La plupart du temps, ce n’est pas la faute des politiciens. Ils réagissent aux incitatifs comme tout le monde. Dans une campagne électorale, ce qui pousse les parties vers des engagements budgétaires irréalistes c’est ce qu’ils mettent dans l’esprit des électeurs, à savoir que nous pouvons nous permettre tous les services que nous demandons des gouvernements sans que le contribuable moyen n’aient à payer.
BIEN CONÇU MAIS TOUJOURS AUSSI MAUVAIS
Les électeurs exigent un très haut niveau de services publics, mais punissent les partis qui suggèrent que l’augmentation de l’impôt qu’ils doivent payer eux-mêmes peut être nécessaire pour les financer. Les politiciens sont dans une situation impossible : se faire botter le derrière si les services ne sont pas à la hauteur ou si toute tentative sérieuse est faite pour couvrir leurs coûts.
Beaucoup, par exemple, dénoncent la réduction de la TPS fédérale de sept à cinq pour cent.
Encore une fois, c’est une position tout à fait légitime. Les taxes de vente bien conçues, comme la TPS, sont très efficaces pour augmenter les recettes des gouvernements et n’ont pas beaucoup d’effets désagréables associés à l’impôt sur le revenu ou à l’investissement.
Mais il est admis en politique que tout parti qui fonctionne sur une plateforme permettant d’accroître la TPS s’écarterait lui-même du pouvoir pendant une génération ou plus. Les électeurs ne se soucient pas du fait que la TPS soit efficace ou n’ait pas les distorsions économiques de l’impôt sur le revenu. Ils se soucient de le voir sur chaque reçu qui leur passe dans les mains. Tout politicien qui l’augmente est très près de mettre sa main dans les poches des électeurs. Il s’agit d’un d’une fin de non-recevoir pour tout politicien carriériste.
QUI PAIE LA FACTURE ?
C’est le même problème pour tous les divers paliers de gouvernement. Les villes annoncent des plans d’infrastructure de plusieurs milliards de dollars pour aller dans le même sens que leurs homologues provinciaux et fédéraux, indépendamment du fait que les contribuables à Canmore voient un prolongement du métro de Toronto comme une utilisation rationnelle de leurs impôts.
Les provinces sollicitent le gouvernement fédéral pour financer des projets d’utilité variable. Le point n’est pas que l’argent soit nécessairement gaspillé — les programmes ainsi financés sont précieux — le point est vraiment que les niveaux inférieurs de l’administration gouvernementale, tout comme les contribuables, sont incapables de sonder les services gouvernementaux, sauf si une grande partie de la facture est envoyée à quelqu’un d’autre.
Nous faisons face à beaucoup de défis économiques en tant que société. Nous vieillissons. Nous aurons à dépenser davantage pour les soins de santé dans les prochaines décennies.
Il y aura moins de travailleurs pour chaque retraité dans l’avenir. Les finances de la quasi-totalité des administrations gouvernementales au Canada sont en désordre. Les routes sont pleines de nids-de-poule, et la circulation s’aggrave. Il est possible que le contribuable moyen doive reconnaître un jour dans un avenir pas trop lointain que pour traiter ces questions et bien d’autres problèmes, il faudra piger dans leur poche un peu plus. Et ce faisant, il faudra surmonter une aversion pour les augmentations d’impôts.







