Véhicules électriques d’occasion : ratez-vous de belles occasions ?

Quand on parle de vente de véhicules électriques, on parle habituellement de véhicules neufs ; mais le marché de l’occasion offre également des possibilités aux concessionnaires.

Dans l’industrie du véhicule électrique (VÉ), les modèles neufs ont toute la visibilité. Mais sans faire de bruit, il y a de belles occasions d’affaires dans le marché de l’occasion du VÉ.

La valeur d’un VÉ d’occasion dépend fortement de l’état de sa batterie – et les batteries de VÉ ne s’usent pas de la même manière que la plupart des autres composants. Les concessionnaires d’automobiles qui ont une vaste expérience en VÉ d’occasion le savent et tirent parti de leurs connaissances à leur avantage. Tu es l’un d’eux ?

Autrefois limité à une poignée de modèles, le marché des véhicules électriques d’occasion au Canada a connu une croissance exponentielle au cours des dernières années. Cette croissance tient à trois facteurs principaux : l’augmentation de l’offre de véhicules électriques d’occasion, la demande des consommateurs en véhicules électriques dépassant la nouvelle capacité de production et les incitations régionales qui alimentent l’importation de véhicules électriques d’occasion en provenance des États-Unis.

Historiquement, lors de l’importation d’un véhicule ou d’un échange, le kilométrage du véhicule a permis de déterminer l’usure de certains composants importants. Mais ce n’est pas le cas pour les véhicules électriques d’occasion.

En fait, un VÉ de trois ans affichant 60 000 km au compteur peut facilement avoir une batterie moins dégradée qu’un VÉ de deux ans avec 25 000 km. Pourtant, des données récentes publiées par Geotab basées sur le suivi de 6 300 véhicules électriques de parc et de consommateurs représentant 1,8 million de jours de données, aident à mieux comprendre pourquoi c’est le cas.

Bien que les données de Geotab suggèrent que l’âge et le kilométrage du véhicule jouent un rôle dans la dégradation de la batterie, par rapport à d’autres facteurs comme le climat, la gestion des batteries et les modèles de charge, c’est un rôle qui est presque négligeable.

Examinons ces trois facteurs importants plus dans le détail :

Le climat

Tout d’abord, selon les graphiques publiés par Geotab, la batterie d’un VÉ de deux ans conduit dans un climat chaud est en moyenne 2,5 fois plus dégradée qu’une batterie de véhicule conduit dans un climat tempéré. L’écart entre les deux continue d’augmenter au fil du temps. En quatre ans, une batterie de VÉ se dégrade trois fois plus lorsque le véhicule est conduit dans un climat chaud que lorsqu’il est conduit dans un climat tempéré.

C’est un facteur important à garder à l’esprit, en particulier lors de l’importation d’un VÉ provenant du sud des États-Unis.

Gestion de la batterie

Différents véhicules électriques ont des approches différentes en matière de gestion de la batterie. Certains véhicules ont une gestion sophistiquée de la température de la batterie, avec une capacité tampon supplémentaire dans la batterie. Cela évite d’avoir la charge de la batterie et la décharge aux extrémités de sa plage d’exploitation, une zone où la dégradation de la batterie s’accélère.

Pour en voir les effets, j’ai comparé deux différents modèles de VÉ compacts à hayon à partir de 2017 en utilisant Geotab’s Battery Degradation Tool. L’un de ces modèles de VÉ est bien connu pour avoir une gestion minimale de la température, tandis que l’autre est souvent loué pour son approche de gestion de la batterie.

En moins de trois ans, le modèle de véhicule avec le système de gestion de batterie moins sophistiqué a eu, en moyenne, plus de quatre fois plus de dégradation de la batterie que l’autre, selon Geotab.

Modèles de recharge

Les données de Geotab suggèrent que les véhicules électriques qui se rechargent fréquemment aux chargeurs DC Fast (plus de trois fois par mois) voient leur batterie se dégrader à environ deux fois plus que les conducteurs qui n’utilisent pas ces chargeurs. Qu’est-ce que cela signifie pour les concessionnaires? Le plus grand impact de ceci est que les véhicules électriques défient la conception commune que deux véhicules semblables avec le kilométrage très différent auront des niveaux de dégradation très différents des composants principaux.

Les véhicules électriques ont beaucoup moins de composants touchés par l’usure que les véhicules à essence. Dans les véhicules électriques, la batterie est le principal composant affecté par l’usure, et comme le démontrent les données du monde réel, cette dégradation n’est pas principalement influencée par la distance parcourue au fil du temps.

Cela souligne l’importance pour un concessionnaire d’obtenir une évaluation de la santé de la batterie avant d’évaluer un VÉHICULE électrique d’occasion. Aucun concessionnaire ne veut payer trop cher lors de l’acquisition d’un véhicule d’occasion et de lui donner un prix trop bas quand vient le temps de le revendre.

Pour le composant le plus important et le plus cher d’un véhicule électrique — la batterie — le kilométrage du véhicule signifie très peu. Les concessionnaires doivent tenir compte de cette question dans leur stratégie d’acquisition et d’établissement des prix des véhicules d’occasion.

À propos de Simon Ouellette

Simon Ouellette est président et chef de la Direction de ChargeHub/Mogile Technologies Inc., une entreprise située à Montréal qui fournit une expertise et des solutions logicielles à l’industrie des véhicules électriques à titre de solutions de marque maison et aussi sous la marque ChargeHub. Vous pouvez le joindre à souellette@chargehub.com

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