Rentabiliser votre service après-vente en récupérant les frais de matériel d’atelier

En matière de réparation d’automobile, les frais inhérents à l’exploitation de l’entreprise, comme l’électricité, le chauffage, etc., sont nécessairement inclus dans le tarif horaire ou dans le coût des pièces de véhicules. Or, vous pouvez traiter les frais de matériel d’atelier autrement.

Bien évidemment, vous pouvez choisir d’absorber ces frais dans votre tarif horaire, mais vous pourriez également rentabiliser davantage votre département de service après-vente et voici comment bien le faire et, surtout, le faire légalement.

Qu’est-ce que le matériel d’atelier ?

Ce sont des marchandises ou des produits nécessaires à l’exploitation du service après-vente, qui varient selon la nature des travaux effectués, autres que les équipements et l’outillage des techniciens.

À titre d’exemple, les marchandises suivantes sont considérées comme du matériel d’atelier : huile à frein, graisse tout usage, nettoyeur à frein, boulons, écrous, vis, rondelles, lubrifiant, silicone, ruban gommé, papier sablé, mastic, baguettes à souder, oxygène, acétylène, etc.

Les articles suivants ne doivent pas être comptabilisés comme étant du matériel d’atelier : perceuses, mèches, étaux, vérins, cartes de temps, lits de mécanicien, uniformes, etc.

Incorporation au tarif horaire ou inclusion au prix de la pièce

Les frais d’atelier qui sont des coûts d’exploitation peuvent être récupérés par le concessionnaire à même le tarif horaire ou être inclus dans le coût d’une pièce, sans distinction.

Facturation du matériel d’atelier

Le coût du matériel d’atelier peut être facturé au client, dans la mesure où le matériel a été réellement utilisé ou intégré au véhicule du client, selon le type de clientèle.

Facturation à un consommateur

Selon la Loi sur la protection du consommateur (LPC), il est illégal de facturer à un consommateur des frais de matériel d’atelier sous la forme d’un pourcentage, d’un montant global fixe ou identifié sous la rubrique « frais de matériel d’atelier » ou autres expressions similaires.

L’Office de la protection du consommateur considère que les frais facturés ne sont pas réellement fournis pour la valeur facturée, contrevenant ainsi à l’article 222 c) de la LPC, qui interdit de prétendre faussement qu’un bien ou un service a été rendu.

La seule façon légale de facturer du matériel d’atelier à un consommateur est à la pièce, en précisant pour chacune, la nature, la quantité et le prix, les taxes applicables.

À titre d’exemple :

  • 1 boulon neuf (1,50 $) ….. 1,50 $
  • 3 feuilles neuves de papier sablé (2,00$) ….. 6,00 $
  • 3 baguettes à souder (5,25 $) ….. 15,75 $
  • 1 unité de lubrifiant (5,50 $) ….. 5,50 $
  • 1 unité de graisse (6,75 $) ….. 6,75 $

Facturation à un commerçant ou à une entreprise

Puisque la LPC ne s’applique pas à un commerçant ou à une entreprise, le matériel d’atelier peut donc être facturé sur la base d’un pourcentage des pièces et de la main-d’œuvre, habituellement identifié sous la rubrique « frais de matériel d’atelier ».

Les concessionnaires de camions lourds et les concessionnaires d’automobiles qui transigent avec une clientèle commerciale peuvent donc utiliser ce mode de facturation.

Qu’en est-il des frais reliés à la COVID-19 ?

Dans le contexte de la pandémie actuelle, les concessionnaires ont mis en place des protocoles sanitaires, et les dépenses additionnelles engendrées sont répercutées sur les consommateurs dans le prix réclamé pour les biens et services.

Frais de réaménagement des concessions

Les concessionnaires ont dû encourir des dépenses supplémentaires que ce soit au chapitre des pièces d’acrylique et de leur coût d’installation, du lettrage, de l’étiquetage, des désinfectants, des masques, des appareils de désinfection et autres. Ces coûts font partie des frais d’exploitation et ne peuvent être récupérés autrement que dans le coût des biens et services.

Vente de véhicules neufs et d’occasion

Tant la LPC que le Décret concernant l’application de règles de conduite aux commerçants d’automobiles d’occasion prévoient que le prix du véhicule comprend tous les frais. La désinfection des véhicules peut évidemment être absorbée en majorant le prix des véhicules sans pouvoir les détailler.

Service après-vente

Lorsqu’un client se présente au service, vous désinfectez le véhicule pour protéger vos employés qui effectueront des travaux sur celui-ci, notamment. Ces frais ne peuvent être réclamés au consommateur puisqu’ils sont pour votre propre usage. Quand le client prend livraison de son véhicule, vous avez également pris des mesures pour désinfecter le véhicule et, ainsi, la main-d’œuvre reliée au temps de désinfection peut être réclamée au client, à condition que celui-ci en soit informé préalablement.

La housse de volant, la housse de siège et le produit désinfectant peuvent être réclamés au client au même titre que du matériel d’atelier. Pour des considérations d’image, il se peut que vous choisissiez d’absorber ces frais ou encore que votre constructeur vous interdise de les réclamer. Si avant la COVID-19 vous fournissiez déjà au client gratuitement un couvre-siège, il ne serait pas pertinent et souhaitable que vous le réclamiez au consommateur.

Si vous prenez la décision de réclamer ces frais, cette information doit apparaître sur le bon de travail et sur la facture au client en précisant la nature, la qualité (neuf, occasion, remis à neuf) le coût unitaire, la quantité et le coût total comme le matériel d’atelier. Les coûts doivent représenter les coûts réels et être raisonnables.

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