Le budget fédéral devrait mettre l’accent sur la reprise, pas sur les impôts

Le gouvernement présentera son budget 2021 en avril. Espérons qu’il se concentrera sur la reprise économique au Canada plutôt que d’essayer d’amasser rapidement des fonds par l’entremise de nouvelles taxes pour aider à rembourser la dette nationale.

Ce n’est une nouvelle pour personne, 2020 a été une année difficile pour presque tous les secteurs de l’économie, y compris le secteur de l’automobile.

Les ventes de véhicules ont diminué de près de 20 %, ce qui est pire que la baisse du marché, même pendant la crise financière de 2009. La production de véhicules en Amérique du Nord a également été durement touchée, car les usines d’assemblage ont fermé leurs portes, et la chaîne d’approvisionnement automobile mondiale a été fortement perturbée par la COVID-19. De même, la pénurie mondiale de semi-conducteurs reste une grave préoccupation pour la production de véhicules et les niveaux d’inventaire en 2021.

Alors que le gouvernement fédéral s’apprête à déposer son premier budget en deux ans, il doit trouver le juste équilibre entre fournir un soutien continu aux entreprises qui sont encore aux prises avec la crise, investir dans la reprise économique et maintenir la dette nationale à un niveau soutenable.

Puisqu’il semble que nous approchons de la fin de la crise avec l’augmentation du déploiement des vaccins, le gouvernement pourrait être tenté d’introduire de nouvelles taxes comme moyen d’augmenter les recettes pour le service de la dette après la crise, mais ce n’est certainement pas le moment d’imposer de nouvelles taxes.

« Il y a beaucoup d’économies excédentaires dans l’économie qui attendent d’être libérées dans cet environnement de bas taux d’intérêt. »

La reprise économique à ce stade est fragile, et même si nous avons l’impression que l’ouragan COVID passe et que le ciel s’éclaircit, de forts vents contraires continuent de souffler. Les nouvelles taxes, directes ou indirectes, auront l’effet inverse sur la capacité du gouvernement d’augmenter les recettes après la crise. Cela ralentira la croissance économique, ça imposeront un fardeau supplémentaire aux entreprises qui luttent pour se redresser et ça freinera la reprise dans de nombreux secteurs de l’économie, y compris l’industrie de l’automobile.

Le budget de ce printemps devrait être axé sur la reprise et sur le soutien à l’économie.

Il y a beaucoup d’optimisme dans l’air quant aux perspectives économiques canadiennes pour 2021. Plusieurs facteurs indiquent que la reprise sera forte au cours des deux prochaines années. Le déploiement du vaccin se fait à la vitesse grand V, et ce n’est que lorsque nous frapperons une masse critique de personnes vaccinées au cours des deux prochains mois que l’économie se tournera vers un rétablissement complet.

La forte croissance économique après la crise aux États-Unis, attribuable en partie au plan de relance massif mis en place par l’administration Biden, augmentera la demande de produits canadiens et stimulera l’économie.

Enfin, il y a beaucoup d’économies excédentaires dans l’économie qui attendent d’être libérées dans cet environnement de bas taux d’intérêt. Les ménages canadiens ont accumulé plus de 200 milliards de dollars d’économies en raison du changement dans les habitudes de consommation tout au long de la crise.

Tous ces facteurs encourageants, conjugués à des mesures de relance ciblées pour les industries durement touchées par la pandémie, stimuleront la croissance économique et accéléreront la reprise.

Le moyen le plus efficace pour le gouvernement d’augmenter les recettes après la crise et de maintenir la dette à un niveau soutenable après une récession de cette ampleur consiste à apporter des mesures pour encourager la reprise et la croissance de l’économie. Ainsi, augmenter les revenus et l’assiette fiscale.

Pour le secteur de l’automobile, le budget doit inclure des programmes visant à stimuler la demande, comme un programme de mise à la casse. Un véhicule est un article à gros prix et, pour la plupart des ménages, c’est le deuxième achat le plus important après l’achat d’une maison.

Pendant la crise, les consommateurs se sont retrouvés sur la touche, retardant leur achat d’articles à gros prix comme les voitures et attendant que la tempête COVID passe. Nous devons les ramener dans le marché, et un programme de mise à la casse des véhicules stimulera la confiance des consommateurs et la demande de véhicules après la crise. Il contribuera également à réduire les émissions de gaz à effet de serre en remplaçant les véhicules plus anciens et plus polluants par des véhicules plus neufs et plus verts.

Cela étant dit, le Canada et le reste du monde vivent une crise inédite dans l’histoire récente, et les économistes s’entendent pour dire que la reprise sera lente et agitée, certains secteurs se redressant plus rapidement que d’autres. À ce stade, tout gouvernement devrait se concentrer sur le soutien à l’économie et sur l’investissement dans la reprise, et non sur la fiscalité.

De nouvelles taxes de toute nature au cours d’une période de reprise, c’est comme appliquer les freins sur une voiture qui roule à pleine vitesse sur l’autoroute. Les conséquences pourraient être dévastatrices pour l’économie et l’emploi au Canada. À titre de moteur de l’économie canadienne, l’industrie de l’automobile sera à l’avant-garde de cette reprise et doit être soutenue.

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