Les consommateurs semblent s’adapter à l’imprévisibilité, ce qui pourrait être une bonne chose.
Récemment, les propriétaires d’entreprises ainsi que les citoyens manifestaient beaucoup d’intérêt pour l’évolution de l’économie canadienne.
La fin de 2022 a été marquée par une pléthore de commentaires, d’analyses et de rapports différents orientant les gens vers de multiples points de vue contradictoires sur ce à quoi on doit s’attendre pour l’année à venir.
De toute évidence, après un trimestre, nous ne sommes pas en mesure de répondre à toutes les questions.
Toutefois, à titre d’économiste principal de la CADA, je crois qu’un aperçu trimestriel pourrait aider à contextualiser et à informer les concessionnaires d’automobiles sur les tendances actuelles du marché et sur les changements macroéconomiques, politiques ou économiques majeurs survenus au cours des quatre derniers mois.
D’abord, les niveaux de ventes ont connu une tendance à la hausse par comparaison avec le 1er trimestre de l’an dernier. Si l’on regarde le mois de mars, il y a eu une augmentation de 3,7 % des ventes par rapport à l’année précédente (Desrosiers Automotive Consultants).
« Si nous nous éloignons de l’industrie de l’automobile et que nous regardons l’économie mondiale, la croissance économique a été meilleure que ce que les experts, pour la plupart, avaient prévu. »
Même si les chiffres derrière ne semblent pas trop significatifs, c’est la tendance positive sous-jacente qui devrait vraiment exciter les concessionnaires. Pendant la majeure partie du 1er trimestre, les concessionnaires d’automobiles de partout au Canada ont été en mesure d’enchaîner plusieurs mois de bons résultats, ce qui est positif compte tenu de l’anxiété économique que nous connaissions à la fin de l’année dernière. Cela ne signifie pas que cette anxiété disparaît lentement ; cependant, un marché sain contribue certainement à atténuer ce sentiment de malaise.
Bien sûr, l’un des principaux facteurs derrière la diminution de cette anxiété réside dans le fait que les concessionnaires d’automobiles ont constaté une augmentation constante des stocks. Nous ne sommes pas aux niveaux prépandémie et nous ne le serons probablement jamais, mais le fait d’avoir quelques modèles sur les lots a certainement poussé les consommateurs vers les concessions et procuré un sentiment de normalité à la relation concessionnaire-consommateur.
En réalité, malgré l’incertitude économique des consommateurs, l’intérêt pour pour l’achat d’un véhicule est toujours fort. Est-ce simplement le résultat d’une demande refoulée ? Peut-être. Il se pourrait aussi que les consommateurs se soient habitués à l’incertitude qui caractérise notre économie moderne, connectée et intégrée à l’échelle mondiale.
La pandémie, la guerre en cours en Ukraine, les problèmes de chaîne d’approvisionnement apparemment insolubles et les coûts de l’énergie qui fluctuent ont généré un environnement où les acheteurs potentiels ne sont pas toujours équipés pour évaluer correctement ce qui se trame en matière d’économie. Cette volonté d’investir et de dépenser dans l’inconnu a été surprenante pour l’industrie de l’automobile, mais nous ne devrions pas commencer à parler de dynamisme ou de circonstances positives des affaires pour le moment ; les ventes trimestrielles accusnt toujours un retard de 16 % par rapport à 2021 (Desrosiers Automotive Consultants).
Si nous nous éloignons de l’industrie de l’automobile et que nous regardons l’économie mondiale, la croissance économique a été meilleure que ce que les experts, pour la plupart, avaient prévu. Cette croissance découle principalement des résultats trimestriels positifs en Europe, en Chine et aux États-Unis, ce qui est d’autant plus surprenant qu’ils ont connu une panique bancaire au début du mois de mars.
Cet épisode d’instabilité financière régionale aurait très bien pu déclencher de l’inquiétude à l’échelle nationale, mais ça n’a pas été le cas. Il a toutefois incité les autorités américaines à resserrer l’accès au crédit, ce qui aura sans aucun doute un effet négatif sur la croissance américaine et les exportations canadiennes vers le Sud. Il sera intéressant de voir comment cela affectera l’industrie de la fabrication et du commerce d’automobiles en Amérique du Nord.
Au Canada, le nombre élevé d’immigrants et l’offre de main-d’œuvre ont contribué à maintenir une consommation élevée et des niveaux d’emploi élevés, de là les données sur les ventes exprimées précédemment.
À l’autre bout du spectre, l’inflation n’a pas vraiment diminué au 1er trimestre par rapport à certaines grandes économies européennes, ce qui a forcé la Banque du Canada à maintenir son taux directeur à 4,5 %.
Alors que de nombreux pays profitent de la baisse des prix de l’énergie et de l’augmentation des stocks, l’abordabilité demeure un gros problème au Canada et pourrait éventuellement avoir un effet sur les concessions d’automobiles au cours des prochains mois… C’est peut-être aussi de là que provient le manque de dynamisme des ventes.
Dans un sondage de la Banque du Canada, 37 % des Canadiens ont mentionné qu’ils prévoient aller moins souvent au restaurant et s’attendent à voyager moins.
« Le prochain trimestre sera passionnant car il nous permettra d’évaluer, au moins un peu plus, la nature de cette tendance positive des ventes d’automobiles. »
Encore une fois, il est compliqué de faire la différence entre les gros articles comme un véhicules et les dépenses quotidiennes, mais il semble que l’anxiété économique s’enracine de plus en plus dans le comportement des consommateurs, ce qui affecterait alors tous les segments de l’économie.
Le prochain trimestre sera passionnant car il nous permettra d’évaluer, au moins un peu plus, la nature de cette tendance positive des ventes d’automobiles. À titre d’exemple, dans le sondage, 15 % des Canadiens ont dit s’attendre à ce que notre économie s’améliore, et 28 % ne s’attendent à aucun changement. Les prochains mois nous permettront de recueillir les données nécessaires pour mieux contextualiser les tendances économiques de 2023.






