Des ventes de véhicules neufs, des habitudes d’achat des consommateurs et des initiatives gouvernementales en passant par l’innovation et l’adoption de la technologie, 2019 s’annonce comme une année prometteuse pour le secteur de la vente au détail d’automobiles.


Les économistes ont la réputation de sortir de nulle part au début de chaque année et dépoussièrent leur boule de cristal afin de prédire l’avenir.
Dans le même ordre d’idées, j’aimerais revenir sur l’année écoulée et proposer mon pronostic pour 2019, tout en gardant à l’esprit une blague connue : l’astrologie a été inventée pour que l’économie ait l’air d’une science exacte. Sur cette note : l’année devant nous en sera une autre de forte ventes de voitures au Canada.
Des politiques environnementales et liées aux transports aux renégociations difficiles de l’ALENA, 2018 a été une année mouvementée pour le secteur de l’automobile.
Malgré les difficultés et l’incertitude entourant les tarifs sur l’automobile pendant une bonne partie de l’année, près de 2 millions de voitures neuves ont été vendues au pays. En effet, 2018 est la deuxième meilleure année jamais enregistrée. Le marché a fait preuve de résilience, les Canadiens continuent d’acheter de véhicules neufs sophistiqués, économes en carburant et plus sûrs à un rythme record.
Le moment n’a jamais été aussi propice à l’achat d’un nouveau véhicule : les taux d’intérêt restent relativement bas, et la concurrence entre constructeurs, l’innovation et l’économie de carburant offrent aux consommateurs une vaste gamme de choix.
De plus, le passage du segment des voitures aux camions a continué d’être vigoureux en 2018 avec un écart de part de marché se creusant pour atteindre sept camionnettes sur dix véhicules achetés. Cela est principalement dû au côté pratique des camionnettes, à la garde au sol plus élevée, à l’espace de chargement — et surtout, les camionnettes sont maintenant presque aussi économes en carburant que les voitures. Ce virage se poursuivra en 2019.
La combinaison d’une économie forte, d’une croissance vigoureuse du côté de l’emploi, d’un financement abordable et d’une demande croissante sur le marché a amené le segment des véhicules de luxe à dépasser la croissance des ventes de l’ensemble du secteur automobile au cours des dernières années.
La demande des consommateurs pour les véhicules à émission zéro (ZEV) a augmenté de manière exponentielle au cours des dernières années. Des données récentes montrent que les ventes de véhicules électriques ont augmenté de près de 152 % en moyenne au cours des trois premiers trimestres de 2018.
À ce rythme, les ventes de fin d’année atteindront des niveaux historiques. Les constructeurs d’automobiles adaptent et restructurent leur production pour répondre à la demande toujours croissante des consommateurs en véhicules écoénergétiques. Nissan et Renault, par exemple, ont passé un accord avec le premier producteur mondial de batteries afin de fournir des batteries lithium-ion pour leurs voitures électriques, tandis que d’autres établissent des partenariats similaires dans le secteur.
À quoi les concessionnaires devraient-ils s’attendre en 2019 ? Cette année est sur le point d’être une autre bonne année pour les ventes de véhicules neufs au Canada. L’économie devrait connaître une croissance saine, quoique plus lente que l’an dernier.
Le nouvel accord USMCA rétablira la confiance et la stabilité transfrontalières. Cependant, les tarifs sur l’acier et l’aluminium, s’ils ne sont pas rapidement revus, auront un effet négatif sur le secteur de l’automobile. La tendance à la hausse en faveur des véhicules à zéro émission (VZE) et des véhicules à la pointe de la technologie se poursuivra probablement, de même que la préférence des consommateurs pour les camionnettes par rapport aux voitures.
Le gouvernement fédéral a lancé plusieurs consultations dans les secteurs de l’environnement et des transports en 2018, auxquelles la CADA a activement participé, et continuera de surveiller les prochaines étapes tout au long de 2019.
En particulier, les consultations sur la stratégie nationale en matière de VZE au Canada se sont déroulées au milieu d’une année record de ventes de ZEV au Canada. Bravo à la Colombie-Britannique et au Québec pour avoir mené le peloton sur ce front, mais il reste encore beaucoup à faire, y compris la mise sur pied d’un programme national de rabais pour l’achat de ZEV, des investissements dans les bornes de recharge partout au pays et une sensibilisation accrue. Une partie des revenus de la taxe sur le carbone pourrait peut-être aider à soutenir ces initiatives.
En outre, Transports Canada a publié sa stratégie Transports 2030, qui prévoyait notamment un financement pour la création de réglementations, de certifications, de normes et de tests de véhicules autonomes.
Les véhicules autonomes et connectés ne sont plus des inventions sophistiquées des films de science-fiction. Les véhicules sans conducteur sont la réalité d’aujourd’hui. Les voitures sans conducteur pourraient-elles résoudre le problème épineux et aggravant de la congestion urbaine ?
Personne ne sait ce que l’avenir nous réserve, mais nous savons que les gouvernements devront faire la part des choses entre stimuler l’innovation dans le secteur des véhicules autonomes et assurer la sécurité sur nos routes. Les concessionnaires devront s’adapter à la technologie émergente des véhicules autonomes.
Dans l’ensemble, 2019 devrait être une autre année prometteuse pour le marché canadien de la vente au détail d’automobiles, notamment en ce qui concerne l’innovation et l’adoption de la technologie. Les consommateurs canadiens continuent d’acheter des véhicules plus récents, plus écologiques et plus avancés sur le plan technologique à des taux record, et je m’attends à ce que cette tendance se maintienne.







