L’ENDETTEMENT CROISSANT DES CONSOMMATEURS EST UNE PRÉOCCUPATION AU CANADA; CEPENDANT, LA SITUATION N’EST PAS NÉCESSAIREMENT AUSSI GRAVE QUE CERTAINS LE PRÉTENDENT.
Parmi les problèmes et les menaces qui pèsent sur l’industrie de l’automobile, en particulier, et sur l’économie, en général, peu ont reçu plus d’attention au cours des dernières années que l’évolution des pratiques de prêt, à la fois dans notre industrie et dans l’économie, en général. Les niveaux d’endettement personnel − malgré de modestes baisses récentes − se sont rapprochés des niveaux records en 2013, malgré tous les avertissements que les consommateurs reçoivent des journalistes et des dirigeants politiques en matière de prêts à la consommation.
L’industrie ne peut ignorer le fait que le facteur principal de l’augmentation de la dette des particuliers dans la dernière décennie a été les prêts liés à l’automobile : les gens prennent des prêts plus importants et à long terme pour financer l’achat de leur véhicule. Il est intéressant de se demander ce que cela signifie à long terme pour l’industrie et l’économie.
La façon la plus frappante dont le financement automobile a évolué dans la dernière génération comporte deux volets : primo, la double prolifération des termes à très faible pourcentage et à 0 % des prêts, et, secundo, une échéance toujours plus éloignée. Voilà qui explique comment les consommateurs ont choisi de financer leur achat de véhicule neuf au cours des dernières années, même les consommateurs qui avaient suffisamment de liquidités pour payer comptant. Après tout, à 0 %, il est logique de financer, même si vous avez l’argent pour payer.
PAYER POUR UN VÉHICULE QUI N’A PLUS DE VALEUR
Même si le prix des voitures neuves baisse par rapport aux revenus, le consommateur moyen investit moins d’argent sur ses achats d’automobiles aujourd’hui que par le passé et finance une grande partie du montant de la transaction. Les conditions peuvent aller jusqu’à huit ans à 0 %, ce qui assure des versements mensuels abordables; cependant, les propriétaires d’un véhicule ainsi financé risquent de devoir plus sur leur véhicule que ce qu’il vaut. Même si les voitures neuves d’aujourd’hui ne déprécient pas au même rythme de celles des générations précédentes, des conditions à long terme avec peu ou pas de liquidités de la part du client peuvent − et c’est fréquent – signifier un bilan négatif pour les propriétaires de voitures au Canada.
De nombreuses personnes de l’industrie ont prédit que les deux facteurs responsables de la baisse des taux et des prêts à long terme pourraient avoir un effet à la baisse pour toute l’industrie à moyen et à long termes. Des prêts à plus long terme (et des véhicules qui durent de plus en plus longtemps), l’argument fonctionne, diminueront la fréquence de remplacement des véhicules et auront un effet négatif sur les ventes à venir. Malgré ce que peuvent dire les analystes, cependant, on n’en est pas encore là. Pour preuve, nous devons regarder le rythme des ventes de voitures neuves de cette année au Canada et à la très bonne santé des ventes au sud de la frontière.
IL Y AURA TOUJOURS DES ACHETEURS
Ce serait une erreur de considérer cette question de cette manière. La dette des particuliers ne peut pas continuer de grandir, ni les conditions des prêts automobiles. Cependant, il y a une partie importante des consommateurs canadiens d’automobiles qui passeront au plus récent modèle après quelques années, peu importe la dette contractée la dernière fois.
Bien que les niveaux d’endettement absolu et la dette par rapport au revenu restent élevés, la grande majorité de cette dette est détenue par des Canadiens à revenu élevé qui peuvent facilement se la permettre aux taux bas d’aujourd’hui et aux taux plus élevés qui viendront à coup sûr dans le futur. C’est ce groupe démographique qui achètera des voitures neuves peu importe les craintes souvent exprimées quant à la prolifération des prêts à 0 % et à long terme. Bien que les voitures neuves visent dans une large mesure des acheteurs plus jeunes, dans les faits, les ventes, pour la plupart, sont faites à des clients d’âge moyen et plus âgés qui ont des revenus plus élevés et plus de liquidités que les 20 à 30 ans.
Il y a une autre statistique révélatrice. Pendant que l’endettement des particuliers atteint des niveaux record, les taux de défauts sur la dette des consommateurs sont à des niveaux historiquement bas. Ces deux indicateurs ne peuvent pas diverger éternellement : éventuellement, les ratios dette-revenu plus élevés entraîneront des défauts de paiement, d’autant plus que les taux commencent à remonter. Mais cela souligne le fait que la part du lion de la dette au Canada est détenue par les consommateurs qui peuvent facilement se le permettre.
Bien qu’il ne soit pas sage pour les consommateurs d’augmenter leur dette indéfiniment, il n’y a rien de magique dans notre niveau d’endettement actuel; après cela, l’Armageddon économique se profile. Beaucoup de pays riches présentent des ratios dette-revenu beaucoup plus élevés que le nôtre. Alors, quand on vous dit que nous nous dirigeons dans un mur avec la dette, prenez-le avec un grain de sel.








