Semi-retraite à l’ancienne

décembre 31, 2014

À la réception pour son départ, Bill Tanner estime que c’est peut-être le bon moment pour que ses fils prennent le relais. Après tout, c’est toujours la même entreprise…

07-October

Lori, ma conjointe, a gagné ce voyage de mille façons. Elle a élevé ses deux fils presque toute seule, et cela vaut certainement plus qu’un voyage. Elle a également enduré beaucoup d’épreuves au fil des ans ainsi qu’une entreprise qui a été mon obsession depuis le début de notre mariage.

Deux mois à Bali n’arrivent pas à compenser, mais c’est tout ce que je peux faire. Ce sera difficile de s’éloigner de tout cela, même pour deux mois. Ce sera un bon test de laisser les garçons prendre le relais. Tout a changé quand même. Je n’ai pas encore tout à fait compris ce qu’est devenu le Groupe Tanner. La nouvelle franchise de Service se porte bien, et Dylan s’y est plongé.

Ethan s’occupe encore de la gestion des ventes, mais il a trouvé quelqu’un qu’il pense avoir le potentiel d’aider en matière de gestion et d’empêcher Dylan d’aller trop loin. Je suis à moitié convaincu que je reviendrai de Bali et que l’entreprise aura disparu dans un nuage de fumée.

Je découvre à quel point les fondements de l’entreprise peuvent être fragiles. J’ai vécu des hauts et des bas, bien sûr, mais je ne perdais pas ma chemise. Je n’ai jamais touché le fond.

J’ai fait de l’expansion de façon judicieuse et je n’ai jamais vraiment connu l’échec. J’ai été chanceux.

RIEN N’EST PAREIL
Ici, je verse une petite larme à la réception pour mon départ. La salle d’exposition se révélait trop petite pour tenir la réception — pouvez-vous croire cela ? Ils ont dû louer une salle. Je pense à toutes les réceptions que nous avons tenues dans cette salle. À toutes les banderoles et les verres de champagne, même un ruban une fois ou deux.

Nous y faisions de belles réceptions. Il y avait toujours des voitures, et les gens laissaient leurs verres sur le capot et le toit des voitures, ce qui rendait Lori complètement folle. L’éclairage était terrible, bien sûr — qui veut des fluorescents au plafond lors d’une fête ? Ici, l’éclairage est subtil, et il y a des tables et des chaises de bar ici et là et non des voitures — c’est élégant, et déconcertant.

L’autre chose qui est déconcertante c’est le nombre restreint de personnes que je connais réellement. Le personnel a diminué, et je ne sais pas la moitié des employés de la nouvelle franchise de service. Dylan semble être populaire, ce qui est agréable à voir. Je sais qu’ils le respectent. Si vous maintenez une combinaison d’affection et de respect, les gens feront presque tout pour vous. Il les traite bien.

Outre le personnel et la famille, il y a quelques clients ici que je connais depuis près de 40 ans. À l’époque, nous connaissions tous nos clients. Nous avions des conversations.

Nous connaissions leur épouse et leurs enfants, et pas seulement leurs caractéristiques démographiques et leurs préférences d’achat. Je vais avoir l’air d’un vieux grincheux, même dans mes propres pensées.

« Bill ! » j’entends derrière moi, et je sens une tape dans le dos. Je me tourne, et je découvre Mike Cutter Sr, je me penche pour leur donner une poignée de main et leur faire l’accolade, et ils me souhaitent bonne chance. Nous faisons la conversation une minute avant que Mike Sr, âgé de 80 ans — voit quelqu’un qu’il connaît et s’éloigne. Le visage de Mike Jr a une expression grave ; je me surprends à penser : « Oh oh ».

JUSTE HUMAIN
« Je n’ai aucun motif de vous critiquer », dit-il, se cabrant en arrière sur les talons, les mains dans les poches, comme dans une situation délicate. Je sais qu’il n’aime pas la confrontation.

« Bien sûr, Mike », en le prenant par le bras pour l’amener à l’écart. « Qu’est-ce qui vous préoccupe ? »

« Vous savez que nous sommes des clients fidèles, Bill, mais j’ai été juste choqué de la façon dont vous avez traité Paul, voilà tout. » J’ai vite fait appel à ma liste de contacts mentale et je n’ai pas tardé à découvrir que Paul était le plus jeune fils de Mike. Il a eu quelques problèmes, je me souviens. Quelques mauvais mariages en succession rapide. Je ne pense pas avoir vu Paul depuis des années.

« Que voulez-vous dire, Mike ? Que s’est-il passé ? »

« Je sais qu’il a eu quelques ennuis financiers, mais je pensais que, compte tenu de notre historique à la concession… » Il commençait à serrer les dents. « Je pense que vous auriez au moins pu le traiter comme un être humain. »

« Écoutez, Mike, je vais être honnête avec vous», je lui ai dit en mettant doucement une main sur son bras pour une seconde et en déployant tous mes pouvoirs de persuasion. C’est une bonne personne, mais il s’excite facilement. « Je ne sais pas ce qui est arrivé. J’étais occupé avec le Service et je ne savais pas toujours ce qui se passait à la salle d’exposition. »

Il se radoucit. « Je sais. » Il baissa la voix jusqu’à murmurer, et je devais faire un effort pour entendre ce qu’il disait. « Nous avons été vraiment surpris. Je veux dire, je sais que son crédit n’est pas bon, et nous ne sommes tout simplement pas en mesure de l’endosser en ce moment, mais j’étais certain que tant qu’il était entre vos mains, vous pourriez faire quelque chose. C’est un bon garçon. Il ne vous aurait pas joué de tour. »

PERDUS DANS LES CHIFFRES
Je commençais à découvrir ce qui s’était passé. J’ai fouillé dans ma mémoire, et, bien sûr, Paul était venu à la concession avec une mauvaise cote de crédit et était rentré chez lui sans voiture. Merde. Où étais-je ? Pourquoi n’était-il pas venu me voir directement ? J’ai vérifié un peu plus. Il avait respecté la procédure, il semble, et était tombé sous le charme de Fiona, notre hologramme. Pauvre gosse. Fiona était une beauté. Les chiffres ne concordaient pas, et Fiona avaient rompu la transaction.

J’ai exigé une promesse de Mike qu’il demanderait à Paul de revenir me voir ou voir l’un de mes fils directement pendant mon absence. Il l’aura sa voiture. Mais maintenant je me laisse aller aux pensées les plus folles que peut-être que ça ne me dérange pas, même si je pars pour Bali demain. Je suis entré dans cette entreprise parce que j’aime deux choses : les voitures et les gens. Maintenant je traite dans les simulations et les voitures virtuelles.

C’est encore une bonne entreprise – Dylan aime. Et même ce pauvre Paul a décidé d’essayer le nouveau genre bien avant qu’il entretienne l’idée de parler à une personne. Je commence à penser que, peut-être, elle rend son dernier souffle.

J’ai hâte de voir ce qu’on mange à Bali !

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