ALIX TOYOTA, 60 ANS D’AUDACE ET DE DÉTERMINATION
C’est dans les petits pots qu’on trouve les meilleurs onguents, dit l’adage. L’observation colle bien à la réalité d’un concessionnaire très près de ses clients, à Montréal. L’entreprise, qui célèbre cette année son 60e anniversaire de fondation, ne cesse de marquer l’industrie en faisant preuve d’audace, de détermination et d’innovation pour assurer sa pérennité et sa croissance. À raison, l’établissement, qui jouit d’un droit foncier acquis sur un lotissement de la rue de Lorimier, dans l’arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie, souffre de ne pas pouvoir grandir dans son environnement. Conciliant les affres d’une réglementation municipale jugulant son essor dans un zonage résidentiel, un lieu où il lui est interdit de grandir physiquement, Alix Toyota, qui mise sur son génie interne pour se tailler une place dans la cour des très grands, tire profit d’un précieux enseignement. Une idéologie qui a permis une fulgurante ascension.
Quelle belle leçon que celle d’Alix Auto limitée ! Une histoire qui débute en 1955 avec l’acquisition par les frères Fernand et Maurice Alix d’un poste d’essence arrimé à un atelier de mécanique sur la rue de Lorimier. Après l’avoir acheté, ils transforment l’endroit en commerce de vente de véhicules d’occasion pourvu d’un centre complet de service. Aussi, à l’atelier de mécanique, ils ajoutent une aire de débosselage et de réparation de carrosserie. Le site obtient rapidement ses lettres de noblesse. La qualité des voitures présentées et la notoriété de la prestation de service font légion. On y vend environ cinquante voitures par année. Un succès reposant sur neuf employés dévoués.
DE SOLIDES ASSISES
La réputation de l’établissement attire en peu de temps l’attention d’importants constructeurs d’automobiles. Des investisseurs en quête d’équipes professionnelles compétentes, bien rodées et appréciées des clients pour la qualité de leur travail. L’imposante américaine Studebaker/Packard se déplace pour convaincre les frères Alix d’y boulonner l’enseigne de la marque d’automobiles en 1957. Alix Auto limitée accepte et devient concessionnaire. Les ventes passent de 150 à plus de 200 véhicules annuellement. Malgré les sommets atteints sur de Lorimier, l’histoire a raison de cette belle aventure. Studebaker/Packard informe ses partenaires en 1966 qu’elle abandonne le segment de l’automobile pour se consacrer à d’autres activités plus lucratives. Un brin de désolation s’installe. Qu’à cela ne tienne, la britannique Rootes/Sunbeam souhaite faire de la réputée adresse sa nouvelle enseigne montréalaise. L’épisode durera à peine deux ans, car un géant japonais jusque-là méconnu au pays vient frapper à la porte d’Alix Auto limitée pour se faire connaître et présenter une offre qu’on ne peut refuser. Les frères Alix adoptent la franchise du nouveau venu Toyota et montent dans l’aventure de « la petite pas possible » qui promet espoir et satisfaction.
Or, au Québec, en 1968, les produits japonais sont considérés comme de la camelote. « Il a fallu se vêtir d’énormément d’audace et de détermination pour lancer les dés et embarquer dans ce nouveau projet », avait alors confié Fernand Alix. À cette époque, trois modèles seulement du constructeur n’étaient offerts au Canada : la Corolla, la Corona et le Land Cruiser, des véhicules qui devaient être redessinés.
L’entreprise vivra une autre importante transition en 1973 avec le décès du fondateur, Fernand Alix. Son fils, Pierre, qui oeuvrait au sein de l’entreprise depuis 1968, prend la direction générale des opérations. L’entreprise a le vent dans les voiles, et tout semble prometteur jusqu’au jour où, au milieu des années 1970, une hécatombe se produit. La valeur du yen s’accroît substantiellement, entraînant dans la foulée la chute des ventes. À la fin de la décennie, des concessionnaires de la marque, trop essoufflés, doivent déclarer forfait. Une vague de fermeture de concessions Toyota fait craindre le pire. Alix Toyota tient bon en diminuant ses effectifs et en assurant une qualité irréprochable de service, malgré la situation. Au début de 1979, le yen atterrit. Dans la foulée survient un miracle, l’arrivée d’une prodigieuse coqueluche nommée Tercel, la sous-compacte à traction tant attendue. S’ajoute à cette bonne nouvelle un parc de modèles complètement réinventés. C’est l’euphorie, les affaires reprennent.
POURSUITE DE LA RÉINGÉNIERIE
Témoin de ce regain d’énergie, Denis Archambault, étudiant universitaire à qui l’on confie de petits boulots de remplacement l’été depuis plusieurs années, notamment comme laveur d’autos, puis tour à tour comme commis aux pièces, préposé à l’inventaire et aide dans de nombreux services, offre de mettre l’épaule à la roue pour propulser la croissance. Il tient promesse une fois son diplôme en poche. Jeune professionnel des communications et du marketing, à l’affût des tendances, il s’affirme comme conseiller aux ventes, un poste à temps plein. Adepte de l’informatisation naissante, infatigable et acharné, il prolonge les heures en proposant également de faire vivre le virage informatique à l’entreprise. Il mène à bien l’analyse des besoins, veille à la détermination des procédés et dirige l’implantation des systèmes avec agilité et doigté. Reconnaissant la valeur des séjours effectués dans les différents services de la concession alors qu’il était étudiant, il améliore la production et le rendement. Un projet mené de main de maître en deux ans.
L’expérience est concluante. Pierre Alix salue les bonnes idées et le dévouement de Denis Archambault. Il récompense ses efforts en plus de ses compétences de gestionnaire en lui offrant de devenir directeur général en 1986. Afin de mettre à profit son expertise et de lui procurer davantage de libertés décisionnelles, il propose, du même coup, à son jeune protégé un rachat d’actions. Il en fait son associé, le nommant président-directeur général d’Alix Toyota.
GESTION DE LA CROISSANCE
En 1990, l’entreprise fait l’acquisition d’un bâtiment sur le boulevard Rosemont, une artère commerciale, et y transfère son centre de service et le département des Pièces. L’immeuble de la rue de Lorimier est alors rénové et transformé pour abriter uniquement le salon des ventes et le centre administratif. Un réaménagement qui procure plus de confort et d’espace.
Soucieux d’accroître sa visibilité sans pour autant changer d’adresse ni empiéter sur les territoires de vente des pairs de la marque, Alix Toyota usera à nouveau de génie pour faire sa place. Observant l’industrie naissante de l’Internet, l’entreprise s’inscrira au nombre des devancières au pays en procédant à la création de l’un des tout premiers sites Web de concession. Une initiative qui fait croître l’achalandage et qui donne du ressort aux nouvelles installations.
Rare concession de dimension humaine dans le giron montréalais, Alix Toyota conserve jalousement dans ses cartons des projets d’avenir porteurs d’agréables révolutions. À suivre…
alixtoyota.com













