L’année 2023 s’est achevée avec une fréquence de réclamations de réparations des véhicules électriques (VÉ) de 1,97 % aux États-Unis et de 2,86 % au Canada, ce qui représente une augmentation de plus de 40 % dans les deux régions par rapport à l’année précédente. Par comparaison avec 2020, le taux de réclamations pour les VÉ réparables a plus que triplé. Bien que la part de Tesla dans les nouvelles ventes de véhicules aux États-Unis ait atteint un record de 4,2 % l’an dernier, des alternatives de VÉ moins chères comme le Kia EV6, la Hyundai Ioniq et le Volkswagen ID.4 ont connu une croissance phénoménale en 2023 (respectivement de 194, de 144 et de 139 %) par rapport aux 12 mois précédents — et, avec l’arrivée d’autres nouveaux modèles de Vé, elles défieront la domination de Tesla sur le marché.
Pour ce qui est de la gravité des réclamations, les VÉ continuent de surpasser les automobiles à moteur à combustion interne (MCI). Au Canada, une tendance s’est observée avec un sinistre moyen des réparations de 6 795 $ pour tous les VÉ et de 5 122 $ pour les véhicules à moteur à combustion interne. Au Québec, plus précisément chez CarrXpert, notre sinistre moyen des réparations se chiffre à 7 800 $ pour tous les VÉ et de 5 150 $ pour les véhicules à moteur à combustion interne Cependant, contrairement aux États-Unis, ces chiffres ont augmenté d’environ 8 % dans les deux catégories de 2022 à 2023. En 2024, on prévoit une augmentation des ventes de nouveaux VÉ, ainsi qu’une demande croissante pour des alternatives électrifiées — ce qui se traduira par un plus grand nombre de ces véhicules sur la route et potentiellement dans les ateliers de réparation. Selon Kelley Blue Book, près de 1,2 million de VÉ ont été vendus aux États-Unis en 2023, ce qui représente 8,1 % du volume brut des ventes de nouveaux véhicules, avec une part de marché attendue aux États-Unis de 10 % en 2024. Selon le département de l’Énergie des États-Unis, il y a environ 2,5 millions de VÉ immatriculés dans le pays, ce qui représente environ 1 % de la population totale des véhicules. De l’autre côté de la frontière, un Canadien sur dix possède un VÉ. Bien que certains observent un déclin de l’intérêt des consommateurs canadiens, on s’attend toujours à ce que plus de 10 % des ventes brutes de nouveaux véhicules au Canada soient des VÉ, le pays dépassant les ventes de VÉ aux États-Unis en pourcentage.
« En 2024, on prévoit une augmentation des ventes de nouveaux VÉ, ainsi qu’une demande croissante pour des alternatives électrifiées — ce qui se traduira par un plus grand nombre de ces véhicules sur la route et potentiellement dans les ateliers de réparation. »
Les VÉ incarnent la complexité des véhicules avec leur dépendance aux systèmes d’aide à la conduite avancés (ADAS) et aux matériaux légers. Par exemple, les estimations de réparation des VÉ sont environ 50 % plus susceptibles d’inclure un type d’opération associée aux capteurs que celles des automobiles à moteur à combustion interne de l’année modèle 2020 et plus récentes, sur la base des données de 2023. Cela augmente la probabilité que des calibrations ADAS soient nécessaires pour ramener le véhicule sur la route en toute sécurité et que des pièces endommagées doivent être remplacées plutôt que réparées. Dans les VÉ, les pièces de remplacement de la tôle des composants majeurs sont identifiées comme des matériaux légers — autres que l’acier doux, y compris l’aluminium, la fibre de carbone et les composites — 26,87 % du temps par rapport à 23,42 % pour les véhicules à moteur à combustion interne. Les fabricants de VÉ utilisent une stratégie de construction de matériaux mixtes pour aider à compenser le poids de la batterie, augmenter l’autonomie et améliorer les performances globales — ce qui nécessite l’utilisation de ces pièces légères et peut affecter la réparabilité et les coûts. Le fait que les automobiles électrifiées soient plus lourdes, en moyenne, que leurs homologues à moteur à combustion interne pourraient être l’un des facteurs à blâmer pour une fréquence plus élevée de déploiements de coussins gonflables (3,62 %) l’année dernière par rapport aux véhicules à moteur à combustion interne (2,45 %). Les réparations de collision impliquant un déploiement de coussin gonflable sont habituellement trois fois plus coûteuses que celles sans — ce qui augmente le différentiel de coût de réparation entre les VÉ et les véhicules à moteur à combustion interne.
Les compagnies d’assurance s’ajustent également à cette nouvelle réalité. Selon une note, le Canada accuse un retard par rapport à d’autres juridictions en matière d’adoption, ce qui donne éventuellement à l’industrie canadienne le temps d’apprendre des marchés du Royaume-Uni et de l’Europe. « Les assureurs devront également ajuster leurs modèles de tarification au fur et à mesure que les données sur les sinistres liés aux VÉ seront générées. Cela pourrait conduire à des augmentations de tarifs, d’une part en raison du prix plus élevé des VÉ et d’autre part parce qu’ils nécessitent des réparations plus coûteuses. »
Les VÉ ont moins de pièces réparables que les véhicules à moteur à combustion interne, ce qui laisse supposer que les frais d’entretien devraient être moins élevés. Toutefois, d’autres facteurs, comme le coût de remplacement des batteries, la disponibilité des pièces de rechange et la rareté des techniciens qualifiés, auront une incidence sur le prix des réparations et, en fin de compte, sur les primes d’assurance à court terme.





