Mécaniciens sans frontières

Au milieu des années 50, mon père était directeur du Service d’un concessionnaire
Reliant. « Un véhicule à trois roues du type que
Mr. Bean utilise. »
J’avais huit ans quand j’ai commencé à aller à l’atelier avec mon père, et il était difficile de me tenir à l’écart. C’était une petite concession qui embauchait trois mécaniciens. La caisse enregistreuse était une boîte en bois avec des poignées en laiton ; le vendredi, mon père récoltait l’argent et payait les mécaniciens. S’il en restait, il avait fait une bonne semaine.
Dans cet esprit, je n’aurais pas dû être surpris d’apprendre que c’est la façon dont ils organisaient les ateliers dans les régions rurales de l’Ouganda :
il n’y a pas de tarification fixe, et les termes
productivité et efficacité n’y sont pas reconnus.
Parfois, le mécanicien s’entend avec le client, conserve 50 % des frais de main-d’œuvre et donne le reste au propriétaire de la concession. D’autres fois, le propriétaire reçoit l’argent du client et donne au mécanicien son pourcentage. Il est difficile d’essayer de comprendre un tel système.
Comme vous l’avez lu dans les précédents numéros d’Affaires automobiles, j’ai mis sur pied un nouveau projet appelé « Mécaniciens sans frontières » en vertu duquel je tente de donner une formation professionnelle en termes de service et de réparation dans les pays en voie de développement.
L’objectif de la phase 1 de ce projet est de construire quatre baies de service pleinement fonctionnelles, avec une salle attenante pour y donner de la formation professionnelle, ce qui générera suffisamment d’argent pour financer la formation, ce qui permet à ce projet de s’autofinancer. Actuellement, la formation offerte, basée sur un programme des années 60 et contenant 90 % de théorie, est hors de portée pour la plupart des étudiants. Au meilleur de ma connaissance, personne n’a mis sur pied un projet de formation professionnelle qui s’autofinance.
Pourquoi l’Ouganda ?
L’Ouganda est l’un des pays les plus pauvres du monde ; la bonne nouvelle, le gouvernement est ouvert à toute aide que nous pouvons offrir.
Pourquoi Kabale ?
Kabale est l’une de ces zones que les organisations non gouvernementales (ONG) semblent contourner. C’est une ville marchande et une plaque tournante du transport à environ 400 kilomètres au sud-ouest de Kampala, la capitale du pays, près de la frontière nord du Rwanda. Les installations pour l’entretien et la réparation des véhicules sont très limitées.
Avec qui travaillons-nous ?
Après avoir cherché pendant de nombreuses années, nous avons enfin trouvé une organisation appelée Kigezi Healthcare Foundation, dirigée par le Dr Geoffrey Anguyo. Il s’agit d’une organisation locale qui fait vraiment une différence dans la vie des gens.
Comment peut-elle s’autofinancer ?
Nous avons l’intention de construire quatre baies de service et de mettre sur pied un département de Service avec tout son personnel ainsi qu’un centre de formation professionnelle. Les baies serviront à financer la formation, et l’étudiant bénéficie d’une expérience pratique.
Est-ce un organisme de bienfaisance enregistré ?
Oui, les reçus à des fins fiscales seront émis par Change for Children, une autre organisation de première classe.
Pour plus d’information, vous pouvez
visiter www.mechanicsbeyondborders.com,
www.kihefo.org et www.changeforchildren.org.
Pourquoi le faites-vous ?
Nous avons presque recueilli suffisamment d’argent pour acheter le terrain. L’Ouganda connaît actuellement des taux d’inflation jusqu’à 30 %, en raison des périodes économiques difficiles et à une sécheresse récente qui touche la production alimentaire et qui font monter les prix. Voici la répartition des coûts (en dollars canadiens) : achat d’environ quatre acres de terrain (10 000 $); coûts de construction (40 000 $); honoraires professionnels (arpentage, ingénierie en structure et contrôle de la qualité (10 000 $) ; expédition de l’équipement offert dans un conteneur (20 000 $). Cela donne un total 80 000 $. Tout ce dont nous avons besoin, ce sont quelques personnes généreuses qui veulent s’engager.
Quels sont les besoins en formation professionnelle ?
De dire que les besoins sont criants ne serait pas exagéré. Lors de mon dernier voyage, j’ai visité une famille prise en charge par Rosemary, la grand-mère. Ses deux fils et une bru était morts du SIDA et un de ses petits-fils est séropositif. Ils dormaient tous sur le sol. J’ai parlé aux enfants, et ils vont tous bien à l’école et triment dur, malgré leur manque d’instruction post-secondaire. Comme ils n’ont pas renoncé à leurs rêves, je ne vois pas pourquoi nous le ferions.
Oui, je suis réaliste et je sais que nous ne pouvons pas changer le monde, mais avec l’aide de certains de mes collègues de l’industrie automobile, nous pouvons opérer un changement positif dans la vie de quelques jeunes.








