Au moment d’écrire ces lignes, le climat politique québécois est particulièrement agité. Le gouvernement caquiste est durement éprouvé dans l’opinion publique et les principales forces d’opposition se retrouvent au coude-à-coude dans les intentions de vote. Cette recomposition crée un moment charnière. À l’approche de la campagne électorale, les concessionnaires du Québec ne peuvent pas se permettre d’être de simples spectateurs. Ils doivent faire entendre leur voix, rappeler leur rôle et porter avec clarté les enjeux qui auront un impact direct sur les clients, leurs entreprises et leurs régions.
Car sur le terrain, les débats ne sont jamais théoriques.
Chaque jour, des milliers de Québécois prennent des décisions concrètes : acheter un véhicule, le financer, l’entretenir, se déplacer pour travailler ou pour vivre. Ces décisions reposent sur des considérations bien réelles (le prix, l’accès, la fiabilité, la proximité des services) et non sur des abstractions.
C’est précisément là que les concessionnaires interviennent. Et c’est aussi là que les politiques publiques présentes et à venir doivent être jugées.
Aujourd’hui, un constat s’impose : tout change, en même temps.
La transition énergétique transforme en profondeur l’industrie. Les infrastructures de recharge demeurent inégalement déployées sur le territoire. Les coûts augmentent, tant pour les entreprises que pour les consommateurs. La pression réglementaire s’intensifie. La pénurie de main-d’œuvre persiste. Et, en toile de fond, la confiance du public doit constamment être consolidée.
Pris isolément, chacun de ces enjeux peut être géré. Ensemble, ils exigent une approche cohérente.
D’abord, la transition énergétique.
L’objectif est largement partagé. Mais sa réussite dépend de conditions essentielles. Une transition durable doit être progressive, prévisible et accessible. Elle doit reposer sur des véhicules abordables, des infrastructures de recharge fiables et un cadre réglementaire stable. À défaut, le risque est réel de créer un décalage entre les ambitions politiques et la capacité réelle des ménages à suivre.
Ensuite, l’abordabilité des véhicules.
« À l’approche de la campagne électorale, les concessionnaires du Québec ne peuvent pas se permettre d’être de simples spectateurs. Ils doivent faire entendre leur voix, rappeler leur rôle et porter avec clarté les enjeux qui auront un impact direct sur les clients, leurs entreprises et leurs régions. »
Pour une grande partie de la population, l’automobile n’est pas un luxe, mais une nécessité. Lorsque les coûts augmentent sous l’effet combiné des nouvelles technologies, des normes et des contraintes d’approvisionnement, ce sont les ménages québécois qui absorbent la pression financière. Une transition qui fragilise l’accès à la mobilité devient, à terme, une transition socialement inéquitable.
Il y a aussi un enjeu central mais trop souvent sous-estimé : la capacité de service.
La transformation technologique repose sur une main-d’œuvre qualifiée. Techniciens, mécaniciens et carrossiers ; ces métiers évoluent rapidement et exigent des compétences de plus en plus pointues. Or, la pénurie de main-d’œuvre est bien réelle. Dans plusieurs régions, elle est en partie comblée par des travailleurs étrangers déjà intégrés et essentiels au maintien des services. Ignorer cette réalité fragilise directement la sécurité et la mobilité des citoyens.
À cela s’ajoute le poids de la réglementation.
Les concessionnaires comptent parmi les PME les plus encadrées et réglementées au Québec. L’accumulation d’obligations administratives, parfois redondantes et souvent déconnectées du terrain, entraîne une hausse des coûts, une baisse de productivité et, ultimement, une pression indue sur le service offert aux clients. L’enjeu n’est pas de réduire la protection du consommateur, au contraire, mais de viser une réglementation plus simple et mieux adaptée à la réalité des opérations.
Aussi, il faut rappeler une évidence trop souvent absente du débat.
L’industrie automobile québécoise est un pilier économique et social. Présente dans toutes les régions, elle soutient des dizaines de milliers d’emplois, génère des retombées économiques majeures et constitue un réseau de services de proximité essentiel. Dans bien des municipalités, le concessionnaire est un acteur central de la vie économique locale.
Ce rôle doit être reconnu à sa juste valeur.
Dans ce contexte, le débat électoral à venir ne doit pas opposer transition et réalité économique. Il doit les concilier.
Les concessionnaires ne demandent pas de privilèges. Ils demandent un cadre clair, stable et cohérent. Un environnement qui permet d’investir, de s’adapter et de continuer à accompagner les Québécois dans leurs choix, avec rigueur et transparence.
Au fond, la question n’est pas de savoir si le Québec va se transformer.
La question est de savoir si cette transformation se fera avec les citoyens ou malgré eux.






